Exercice 2
Comment recycler ses cheveux en Belgique ?
Qu’ils soient longs, courts, blonds, roux, bruns, teintés ou décolorés : une fois coupés, les cheveux finissent bien souvent… à la poubelle. Afin de pouvoir donner une nouvelle vie à nos cheveux, le coiffeur français Thierry Gras a lancé le réseau des « Coiffeurs Justes ». Objectif : récolter et recycler un maximum de cheveux. Déjà bien développé en France, ce réseau s’étend peu à peu en Belgique.
« Absolument tous les cheveux coupés peuvent être recyclés : une coupe d’un ou de quinze centimètres, teintés ou pas du tout… On met ces cheveux dans des sacs en papier ‘Coiffeurs Justes’ que l’on envoie par la poste à l’association afin qu’ils soient recyclés », explique Axelle Vanderlinden, gérante du salon Axelle et Lui, à Nivelles. Son salon fait partie de l’association depuis plus d’un an. En moyenne, un coiffeur remplit un sac en un mois (près de 220 coupes).
Basée à Saint-Zacharie en Provence et fondée sur le principe de l’économie circulaire, l’association des « Coiffeurs Justes » récupère les cheveux venus de toute la France, de Suisse ou de Belgique. Son objectif est de valoriser les déchets capillaires grâce à leur pouvoir absorbant.
Concrètement, les cheveux sont assemblés en boudins afin de filtrer les hydrocarbures. Ces filtres dépolluants seront ensuite accrochés aux bateaux ou dans les ports afin de récupérer le pétrole. Un kilo de cheveux peut retenir jusqu’à huit litres d’hydrocarbures ! « Après, ils sont encore utilisés comme fertilisant, comme isolant… C’est sans fin, il y a toujours une nouvelle vie à donner aux cheveux », complète Axelle Vanderlinden.
En Belgique, une trentaine de salons adhèrent à ce réseau des « Coiffeurs Justes ». « Pour les Belges, ce n’est pas si évident », explique la gérante. « Déjà, le trajet entre la Belgique et Saint-Zacharie n’est pas très écologique. Ensuite, l’envoi est assez contraignant (gérer les commandes et les envois de sacs, assurer les déplacements jusqu’à la poste, payer les frais de livraison en plus de la cotisation…). Cela décourage de nombreux confrères » estime-t-elle.
Pour ces raisons, Axelle Vanderlinden espère qu’un jour, une impulsion belge donnera naissance à un réseau local afin d’éliminer ces contraintes. Ainsi, plus de coiffeurs pourraient rejoindre ce mouvement.
D’ici là, elle reste très satisfaite, tout comme ses clients, de pouvoir prendre part au réseau français. « Je m’intéresse à l’écologie et au minimalisme. Je cherche à consommer de manière plus responsable. Cela a un impact sur ma vie personnelle et, forcément, en tant que cheffe d’entreprise, on adopte cette vision pour son entreprise. On cherche une façon de travailler qui soit la plus juste pour la planète », souligne-t-elle.
Le recyclage des cheveux fait d’ailleurs partie d’une démarche plus globale du salon, d’un engagement en matière de durabilité : utilisation de produits naturels ; contenants en verre qui sont ensuite mis à disposition des clients ; papier lavable et réutilisable à la 302 place de l’aluminium pour les mèches ; vente de shampoings solides et locaux… « Il y a toujours des choses à faire pour s’améliorer. L’important est de voir ce qu’il est possible de faire, et d’agir. »
(mb)
Thierry Gras, qu’a-t-il fait ?